Manifestations au Sénégal : Al Jazeera fait des révélations accablantes et publie ses preuves

Al Jazeera a récemment publié un article accusateur portant sur la gestion des forces de défense et de sécurité lors des manifestations au Sénégal au cours des dernières années. D’après le média, les forces de l’ordre auraient utilisé des véhicules fournis par l’Union Européenne dans le cadre du projet GAR-Sl Sahel, destiné à la protection frontalière entre plusieurs pays, pour réprimer les citoyens sénégalais lors de manifestations intérieures. Ce projet, d’un coût de 75 millions d’euros (environ 49 milliards de FCFA), visait initialement à lutter contre les causes profondes de la migration en Afrique.

Selon Al Jazeera, les unités d’élite, conçues pour lutter contre la migration et les activités criminelles transfrontalières, ont été détournées de leur objectif initial. Au lieu d’être utilisés pour combattre la migration, ces moyens ont été intégrés aux commandements territoriaux et employés par les forces de sécurité sénégalaises lors des manifestations internes. Des déclarations d’une source policière espagnole travaillant au Sénégal et d’un ancien officier supérieur de la police sénégalaise ont confirmé cette utilisation détournée des équipements.

Le projet GAR-Sl Sahel, financé par le Fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique, avait créé des unités GAR-SI dans plusieurs pays de la région, dont le Sénégal. L’unité sénégalaise, constituée en 2017 avec un effectif de 300 hommes, visait à établir une unité spéciale d’intervention à la frontière avec le Mali pour protéger le pays contre d’éventuelles incursions de groupes armés et les crimes transfrontaliers.

L’article souligne également que ces unités d’élite n’ont pas seulement été utilisées lors des manifestations post-report de la Présidentielle, mais ont également été impliquées dans la répression d’une caravane d’Ousmane Sonko en 2023. Des images montrent des membres du personnel de sécurité à bord des mêmes véhicules blindés tirant des gaz lacrymogènes sur la caravane de protestation organisée par Sonko.

Ces révélations suscitent des inquiétudes quant à l’utilisation détournée de fonds destinés à des initiatives de lutte contre la migration et la criminalité transfrontalière, jetant ainsi une lumière critique sur la gestion des forces de défense et de sécurité au Sénégal.

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